2ème escroquerie : Avec les déficits publics, nous laissons le fardeau de la dette à nos enfants

Warren Mosler

2012

VALANCE CO., INC.,

Traduction par Robert Cauneau – MMT France


Escroquerie innocente et mortelle n° 2

Avec les déficits publics, nous laissons le fardeau de la dette à nos enfants.

La Réalité :

Collectivement, en termes réels, un tel fardeau n’est pas possible. Dette ou pas dette, nos enfants peuvent consommer tout ce qu’ils peuvent produire.

Cette escroquerie innocente et mortelle est souvent la première réponse que la plupart des gens font à ce qu’ils perçoivent comme étant le principal problème associé aux déficits publics. Emprunter maintenant, c’est payer les dépenses d’aujourd’hui plus tard. Ou, comme on le voit et l’entend souvent dans les médias :

« Plus les déficits sont élevés aujourd’hui, plus les impôts seront élevés demain. »

Et payer plus tard signifie que, d’une façon ou d’une autre, le niveau de vie réel et le bien-être général de nos enfants seront abaissés à l’avenir en raison de nos dépenses excédentaires actuelles.

Les économistes professionnels appellent cela la question de la dette «intergénérationnelle». On pense que si l’État fédéral dépense en déficit, il laisse en quelque sorte le fardeau réel des dépenses actuelles aux générations futures.

Et les chiffres sont stupéfiants !

Mais, heureusement, comme l’ensemble des sept escroqueries innocentes mortelles, tout cela est facilement écarté d’une manière qui peut être facilement comprise. En fait, l’idée que nos enfants seraient en quelque sorte nécessairement privés de biens et de services réels à l’avenir à cause de ce qu’on appelle la dette publique n’est rien de moins que ridicule.

Voici une histoire qui illustre ce point. Il y a plusieurs années, j’ai rencontré Lowell Weicker, ancien sénateur et gouverneur du Connecticut, et son épouse Claudia sur un quai de bateau à Sainte-Croix. J’ai demandé au gouverneur Weicker ce qui clochait dans la politique budgétaire du pays. Il a répondu que nous devons cesser d’accumuler ces déficits et de laisser le fardeau de payer les dépenses d’aujourd’hui à nos enfants.

Je lui ai donc posé les questions suivantes pour illustrer, je l’espérais, la faille cachée de sa logique : « Lorsque nos enfants construiront 15 millions de voitures par an dans 20 ans, devront-ils les renvoyer dans le temps jusqu’en 2008 pour rembourser leur dette ? Envoyons-nous encore des biens et des services réels en 1945 pour rembourser la dette de la Seconde Guerre mondiale ?

Et aujourd’hui, alors que je me présente au Sénat américain dans le Connecticut, rien n’a changé. Le thème récurrent des autres candidats est que nous empruntons à des pays comme la Chine pour payer les dépenses d’aujourd’hui et que nous laissons nos enfants et nos petits-enfants payer la note.

Évidemment, nous savons tous que nous ne renvoyons pas les biens et services réels dans le temps pour combler les déficits de l’État fédéral, et que nos enfants n’auront pas à le faire non plus.

Il n’y a aucune raison non plus pour que les dépenses publiques des années précédentes empêchent nos enfants d’aller travailler et de produire tous les biens et services qu’ils sont capables de produire. Et dans l’avenir de nos enfants, tout comme aujourd’hui, quiconque est vivant pourra aller travailler, produire et consommer sa production réelle de biens et de services, quel que soit le nombre de titres du Trésor américain en circulation. Il n’existe rien de tel que d’abandonner la production de l’année en cours au profit du passé et de la renvoyer dans le temps aux générations précédentes. Nos enfants ne rembourseront pas ce que nous leur laissons ; ils ne pourraient le faire, même s’ils le voulaient.

Le financement des dépenses en déficit n’a pas non plus d’importance. Quand l’État dépense, il ne fait que modifier les chiffres de nos comptes bancaires. Plus précisément, toutes les banques commerciales que nous utilisons pour nos opérations bancaires disposent de comptes bancaires à la Fed dénommés comptes de réserve. Les gouvernements étrangers disposent également de comptes de réserve à la Fed. Ces comptes de réserve à la Fed sont comme les comptes de chèques de n’importe quelle autre banque.

Lorsque l’État dépense sans taxer, il ne fait que modifier les chiffres dans le compte courant approprié (compte de réserve) à la Fed. Cela signifie que lorsque l’État vous verse un paiement de Sécurité Sociale de 2.000 $, par exemple, il modifie de 2.000 $ les chiffres du compte chèque de votre banque à la Fed, ce qui change aussi automatiquement les chiffres de votre compte à votre banque de 2.000 $.

Ensuite, vous devez savoir ce qu’est un titre du Trésor américain. Un titre du Trésor américain n’est rien de plus qu’un compte d’épargne à la Fed. Lorsque vous achetez un titre du Trésor, vous envoyez vos dollars à la Fed, puis à un moment donné plus tard, elle vous les renvoie, accompagnés des intérêts. Il en va de même pour tout compte d’épargne dans n’importe quelle banque. Vous déposez les dollars à la banque, puis vous les récupérez majorés des intérêts. Supposons que votre banque décide d’acheter pour 2.000 $ de titres du Trésor. Pour payer ces titres du Trésor, la Fed réduit de 2.000 $ les chiffres en dollars dont votre banque dispose dans son compte chèque à la Fed et ajoute 2.000 $ au compte d’épargne de votre banque à la Fed. (J’appelle les titres du Trésor des « comptes d’épargne », ce qui est tout ce qu’ils sont.)

En d’autres termes, lorsque l’État américain fait ce qu’on appelle  » emprunter de la monnaie « , tout ce qu’il fait, c’est transférer des fonds des comptes chèques de la Fed vers les comptes d’épargne (titres du Trésor) de la Fed. En fait, la dette publique totale de 13 billions de dollars n’est rien de plus que le total des comptes d’épargne de l’économie à la Fed.

Et que se passe-t-il lorsque les titres du Trésor arrivent à échéance et que cette « dette » doit être remboursée ? Oui, vous l’avez deviné, la Fed ne fait que transférer les soldes en dollars des comptes d’épargne (titres du Trésor) de la Fed vers les comptes chèques appropriés de la Fed (comptes de réserve). Ce n’est pas non plus une nouveauté. Cela se passe exactement comme ça depuis très longtemps, et personne ne semble comprendre à quel point c’est simple et que cela ne posera jamais de problème.

La Fiscalité et les Dépenses de l’État Fédéral influent sur la Distribution

La distribution consiste à savoir qui reçoit tous les biens et services qui sont produits. En fait, c’est ce que font les politiciens chaque fois qu’ils adoptent une loi. Ils réorientent les biens et services réels par décret, pour le meilleur ou pour le pire. Et les chances de le faire pour le meilleur diminuent considérablement lorsqu’ils ne comprennent pas les Sept Escroqueries Innocentes et Mortelles. Chaque année, par exemple, le Congrès discute de la politique fiscale, toujours dans l’optique de la répartition des revenus et des dépenses. Nombreux sont ceux qui cherchent à taxer ceux qui « peuvent le plus se le permettre » et à diriger les dépenses fédérales vers « ceux qui sont dans le besoin ». Ils décident également de la façon d’imposer les intérêts, les gains en capital, les successions, etc. ainsi que la façon d’imposer le revenu. Il s’agit là de questions de répartition.

En outre, le Congrès décide qui l’État engage et licencie, à qui il achète des choses et qui reçoit des paiements directs. Le Congrès adopte également des lois qui ont une incidence directe sur de nombreux autres aspects des prix et des revenus.

Les étrangers qui détiennent des dollars américains sont particulièrement à risque. Ils gagnent ces dollars en nous vendant des biens et des services réels, mais ils n’ont aucune assurance qu’ils seront en mesure de nous acheter de tels biens et services dans l’avenir. Les prix pourraient augmenter (inflation) et l’État américain pourrait légalement imposer toutes sortes de taxes sur tout ce que les étrangers veulent acheter chez nous, ce qui réduirait leur pouvoir d’achat.

Pensez à toutes ces voitures que le Japon nous a vendues pour moins de 2.000 dollars, il y a quelques années. Ils ont gardé ces dollars sur leurs comptes d’épargne à la Fed (ils possèdent des titres du Trésor américain), et s’ils voulaient maintenant dépenser ces dollars, ils devraient probablement payer plus de 20.000 $ par voiture pour nous acheter des voitures. Que peuvent-ils faire face à la hausse des prix ? Appeler le manager et se plaindre ? Ils nous ont échangé des millions de voitures en parfait état contre des soldes créditeurs dans les livres de la Fed qui ne peuvent acheter que ce que nous leur permettons d’acheter. Et regardez ce qui s’est passé récemment : la Réserve Fédérale a réduit les taux d’intérêt, ce qui a fait baisser les intérêts que le Japon gagne sur ses titres du Trésor américain. (Cette discussion se poursuit dans le cadre d’une escroquerie innocente ultérieure).

Tout cela est parfaitement légal et se déroule comme d’habitude, car chaque année, la production est « répartie » entre les vivants. Aucune partie de la production réelle n’est « jetée » à cause de l’encours de la dette, quelle qu’en soit l’ampleur. L’encours de la dette ne réduit pas non plus la production et l’emploi, sauf, bien entendu, lorsque des décideurs mal informés décident de prendre des mesures anti-déficit qui réduisent effectivement la production et l’emploi. Malheureusement, c’est actuellement le cas, et c’est pourquoi il s’agit d’une escroquerie innocente et mortelle.

Aujourd’hui (15 avril 2010), il est clair que le Congrès nous enlève plus de pouvoir de dépenser en taxant qu’il n’en faut pour faire de la place à leurs propres dépenses. Même après que nous ayons dépensé ce que nous voulions et que l’État ait fait toutes ses dépenses massives, il reste encore beaucoup d’invendus dans ce grand magasin qu’on appelle l’économie.

Comment le savons-nous ? Facile ! Comptez les personnes dans les files d’attente du chômage. Regardez la quantité massive de capacités excédentaires dans l’économie. Regardez ce que la Fed appelle « l’écart de production », qui est la différence entre ce que nous pourrions produire au plein emploi et ce que nous produisons actuellement. C’est énorme.

Bien sûr, il y a un déficit record et une dette publique, ce qui, vous le savez maintenant, signifie que nous avons tous ce montant dans les comptes d’épargne de la Fed appelés titres du Trésor. Ceci dit en passant, le déficit budgétaire cumulatif des États-Unis, ajusté en fonction de la taille de l’économie, est encore bien en deçà de celui du Japon, bien en deçà de celui de la majeure partie de l’Europe et bien en deçà des déficits américains qui nous ont sortis de la Dépression (sans conséquences sur le fardeau de la dette) durant la Deuxième Guerre mondiale.

Si vous êtes arrivés si loin dans ce livre, vous savez peut-être déjà pourquoi l’ampleur du déficit n’est pas un problème financier. Vous savez donc, espérons-le, que les impôts servent à réguler l’économie et non à générer des recettes, comme le Congrès le pense. Quand je regarde l’économie d’aujourd’hui, je me dis que le problème, c’est que les gens n’ont pas assez de monnaie à dépenser. Cela ne me dit pas qu’ils ont trop de pouvoir de dépenser et qu’ils dépensent trop. Qui ne serait pas d’accord ?

Le chômage a doublé et le PIB est inférieur de plus de 10 % à ce qu’il serait si le Congrès ne nous surimposait pas et ne nous enlevait pas autant de pouvoir d’achat.

Lorsque nous fonctionnons à un niveau inférieur à notre potentiel – à un niveau inférieur au plein emploi – nous privons nos enfants des biens et services réels que nous pourrions produire en leur nom. De même, lorsque nous réduisons notre soutien à l’enseignement supérieur, nous privons nos enfants des connaissances dont ils auront besoin pour être les meilleurs possible dans leur avenir. De même, lorsque nous réduisons la recherche fondamentale et l’exploration spatiale, nous privons nos enfants de tous les fruits de ce travail que nous transférons plutôt aux files d’attente du chômage.

Donc, oui, les vivants peuvent consommer la production de cette année et décider d’utiliser une partie de la production comme « biens et services d’investissement », ce qui devrait augmenter la production future. Et oui, le Congrès a son mot à dire sur les personnes qui consomment la production de cette année. Les problèmes potentiels de répartition dus aux déficits fédéraux précédents peuvent être facilement résolus par le Congrès et la répartition peut être modifiée légalement à sa satisfaction.

Alors, comment allons-nous rembourser la Chine ?

Ceux qui s’inquiètent du remboursement de la dette publique ne peuvent pas comprendre comment tout cela fonctionne au niveau opérationnel, au niveau des écrous et des boulons (débits et crédits). Sinon, ils réaliseraient que cette question est tout à fait non-pertinente. Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que les dollars et les titres du Trésor américains ne sont rien de plus que des « comptes », qui ne sont rien de plus que des chiffres que l’État inscrit sur ses propres livres.

Commençons donc par examiner comment nous en sommes arrivés là où nous en sommes aujourd’hui avec la Chine. Tout a commencé lorsque la Chine a voulu nous vendre des choses et que nous avons voulu les acheter. Supposons, par exemple, que l’armée américaine veuille acheter pour 1 milliard de dollars d’uniformes à la Chine, et que la Chine veuille vendre pour 1 milliard de dollars d’uniformes à l’armée américaine à ce prix. L’armée achète donc pour un milliard de dollars d’uniformes à la Chine. Tout d’abord, comprenez que les deux parties sont heureuses. Il n’y a pas de « déséquilibre ». La Chine préfère avoir le milliard de dollars américains plutôt que les uniformes, sinon elle ne les vendrait pas, et l’armée américaine préfère avoir les uniformes plutôt que la monnaie, sinon elle ne les achèterait pas. Les transactions sont toutes volontaires, et toutes en dollars américains. Mais pour en revenir à notre point – comment la Chine est-elle payée ?

La Chine dispose d’un compte de réserve à la Banque fédérale de réserve. Pour le dire rapidement, un compte de réserve n’est rien d’autre qu’un nom sophistiqué pour un compte chèque. C’est la Banque fédérale de réserve qui l’appelle un compte de réserve plutôt qu’un compte chèque. Pour payer la Chine, la Fed ajoute 1 milliard de dollars américains au compte courant de la Chine à la Fed. Pour ce faire, elle modifie les chiffres du compte chèque de la Chine de 1 milliard de dollars US. Les chiffres ne viennent pas plus de nulle part que ceux qui figurent sur le tableau d’affichage d’un tableau de score de football ne viennent de nulle part. La Chine a alors le choix. Elle peut ne rien faire et garder le milliard de dollars sur son compte chèque à la Fed, ou bien elle peut acheter des titres du Trésor américain.

Encore une fois, pour récapituler rapidement, un titre du Trésor américain n’est rien de plus qu’un nom sophistiqué pour désigner un compte d’épargne à la Fed. L’acheteur dépose de la monnaie à la Fed, et le récupère plus tard avec intérêts. Il s’agit d’un compte d’épargne – vous déposez de la monnaie dans une banque et vous le récupérez plus tard avec intérêts.

Disons que la Chine achète une garantie du Trésor d’un an. Tout ce qui se passe, c’est que la Fed soustrait 1 milliard de dollars du compte chèque de la Chine à la Fed, et ajoute 1 milliard de dollars au compte d’épargne de la Chine à la Fed. Et tout ce qui se passe un an plus tard, lorsque le titre du Trésor chinois d’un an arrive à échéance, c’est que la Fed retire cette monnaie du compte d’épargne de la Chine à la Fed (intérêts compris) et l’ajoute au compte chèque de la Chine à la Fed.

À l’heure actuelle, la Chine détient quelque 2 billions de dollars de titres du Trésor américain. Alors, que ferons-nous quand ils arriveront à maturité et qu’il sera temps de rembourser la Chine ? Nous retirerons ces dollars de leur compte d’épargne à la Fed et les ajouterons à leur compte chèque à la Fed, et nous attendrons qu’ils nous disent ce qu’ils voudront faire ensuite.

C’est ce qui se produit lorsque toute la dette de l’Etat américain arrive à échéance, ce qui se produit continuellement. La Fed retire des dollars des comptes d’épargne et ajoute des dollars aux comptes chèques dans ses livres. Lorsque les gens achètent des titres du Trésor, la Fed retire des dollars de leurs comptes chèques et les ajoute à leurs comptes d’épargne. Pourquoi toute cette agitation ?

Il s’agit d’une tragique incompréhension.

La Chine sait que nous n’en avons pas besoin pour « financer nos déficits » et nous prend pour des idiots. Aujourd’hui, cela inclut Geithner, Clinton, Obama, Summers et le reste de l’administration. Cela comprend également le Congrès et les médias.

Permettez-moi maintenant de décrire tout cela d’une manière plus technique pour ceux d’entre vous qui pourraient être intéressés. Lorsqu’une banque achète un bon du Trésor, un billet ou un titre, par exemple, l’État fait deux entrées sur sa feuille de calcul que nous appelons  » système monétaire. » Premièrement, il débite (soustrait) le compte de réserve de l’acheteur (compte courant) à la Fed. Ensuite, il augmente (crédite) le compte titres de l’acheteur (compte d’épargne) à la Fed. Comme auparavant, l’État se contente de changer les chiffres sur sa propre feuille de calcul – un chiffre est changé à la baisse et un autre est changé à la hausse. Et quand le jour redouté arrivera, et que les titres du Trésor que détient la Chine arriveront à échéance et devront être remboursés, la Fed changera à nouveau simplement deux chiffres sur sa propre feuille de calcul. La Fed débitera (soustraira) les titres de la Chine à la Fed. Et puis elle créditera (ajoutera) au compte de réserve (compte chèque) de la Chine à la Fed. C’est tout – la dette sera payée !

La Chine a maintenant récupéré sa monnaie. Elle dispose d’un (très important) solde en dollars américains dans son compte chèque à la Fed. Si elle veut autre chose – des voitures, des bateaux, des biens immobiliers, d’autres devises – elle doit les acheter aux prix du marché à un vendeur consentant qui souhaite des dépôts en dollars en retour. Et si la Chine achète quelque chose, la Fed soustraira ce montant du compte chèque de la Chine et l’ajoutera au compte chèque de la personne à qui la Chine a acheté.

Remarquez aussi que « payer la Chine » ne change pas la richesse déclarée de la Chine en dollars américains. La Chine dispose simplement de dollars dans un compte chèque plutôt que des titres du Trésor américain (un compte d’épargne) d’un montant égal. Et si elle veut plus de titres du Trésor à la place, pas de problème, la Fed ne fait que déplacer ses dollars US de leur compte chèque vers leur compte d’épargne, en changeant les chiffres en conséquence.

Le remboursement de la totalité de la dette publique américaine ne consiste qu’à soustraire la valeur des titres arrivant à échéance d’un compte auprès de la Fed et à ajouter cette valeur à un autre compte ouvert à la Fed. Ces transferts ne sont pas des événements pour l’économie réelle et ne sont pas la source d’un stress extrême, comme le présument certains économistes, politiciens ou hommes d’affaires, et les médias.

Encore une fois : pour rembourser la dette publique, l’État modifie deux entrées dans son propre tableur – un chiffre qui indique combien de titres appartiennent au secteur privé est réduit et un autre qui indique combien de dollars américains sont conservés à la Fed dans les comptes de réserve est augmenté. Rien de plus. Dette payée. Tous les créanciers sont remboursés. C’est quoi le problème ?

Que se passera-t-il donc si la Chine refuse d’acheter notre dette aux taux d’intérêt peu élevés qui lui sont actuellement affectés ? Les taux d’intérêt doivent augmenter pour attirer leurs achats de titres du Trésor, n’est-ce pas ? Faux !

La Chine peut le laisser sur son compte chèque. Cela n’a aucune importance pour un Etat qui comprend son propre système monétaire. Les fonds ne sont pas utilisés à des fins de dépenses, tel que décrit précédemment. Il n’y a pas de conséquences négatives à ce que les fonds soient sur un compte chèque à la Fed plutôt que sur un compte d’épargne à la Fed.

Que se passe-t-il si la Chine dit : « Nous ne voulons plus avoir de compte chèque à la Fed. Payez-nous en or ou par tout autre moyen d’échange ! » Elle n’a tout simplement pas cette option dans notre système actuel de  » devise fiat « 1, comme elle l’a su lorsqu’elle a vendu les uniformes à l’armée américaine et que la monnaie a été déposée sur son compte chèque à la Fed. Si elle veut autre chose que des dollars, elle doit l’acheter à un vendeur le voulant, tout comme nous le faisons lorsque nous dépensons nos dollars.

Un jour, ce seront nos enfants qui changeront les chiffres de ce qui sera leur feuille de calcul, tout aussi facilement que nous l’avons fait, et nos parents l’ont fait, mais avec une meilleure compréhension, espérons-le ! Mais pour l’instant, l’escroquerie innocente et mortelle qui consiste à laisser la dette publique à nos enfants continue de guider les politiques et nous empêche d’optimiser la production et l’emploi.

La production perdue et le capital humain déprécié sont le prix réel que nous, et nos enfants, payons maintenant et qui diminue à la fois le présent et l’avenir. Nous nous contentons de moins que ce que nous pouvons produire et nous maintenons des niveaux élevés de chômage (avec tous les crimes, problèmes familiaux et médicaux qui y sont associés) tandis que nos enfants sont privés des investissements réels qui auraient été réalisés en leur faveur si nous avions su maintenir nos ressources humaines au leur plein emploi et productives.


Notes

1 En 1971, les États-Unis ont abandonné l’étalon-or pour les comptes internationaux, mettant officiellement fin à toute convertibilité du dollar américain garantie par l’État.


Texte original : https://moslereconomics.com

Illustration : https://www.facebook.com/FederationGalactiqueDeLumiere/

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