Quand deux pionniers de la MMT se rencontrent pour discuter de leur travail (4ème partie)

par

Bill Mitchell

Traduction par Robert Cauneau – MMT France

 

4ème Principe : L’histoire du niveau des prix

Nous définissons l' »inflation » comme une augmentation continue du niveau des prix. Une hausse ponctuelle des prix n’est pas considérée comme un épisode inflationniste.

Dans la MMT, étant donné que la monnaie est un monopole d’État, l’État devient le « fixateur de prix«  parce que le niveau des prix est nécessairement fonction des prix payés par le gouvernement quand il dépense ou des garanties exigées quand il prête.

Cela s’inscrit dans le cadre de la garantie d’emploi en tant que cadre de stabilisation macroéconomique au sein de la MMT. Comme le gouvernement offre des emplois à prix fixe à tous ceux qui n’ont aucune offre pour leurs services sur le  » marché « , ces dépenses deviennent un point d’ancrage des prix.

Une augmentation continue du niveau des prix ne se produira pas, à moins que l’État ne continue à soumissionner pour des biens et des services sur le marché à des prix sans cesse plus élevés.

Toutes les dépenses de l’économie comportent un risque d’inflation, si elles sont dans  une concurrence continue vis-à-vis des ressources réelles qui sont actuellement pleinement utilisées.

Nous devons comprendre qu’une augmentation ponctuelle des dépenses gouvernementales (ou non gouvernementales) n’entraînera généralement pas d’épisode inflationniste.

Le niveau des prix pourrait augmenter à mesure que des hausses sont appliquées aux coûts plus élevés, mais un tel impact est limité.

En règle générale, il y a des ressources inutilisées disponibles pour l’achat et, à ce titre, le risque d’inflation est faible.

Mais l’histoire nous dit que ce n’est pas nécessairement le cas. Il existe des exemples bien documentés de chômage élevé et d’inflation concomitante. Le Venezuela et la Turquie sont des exemples actuels. La stagflation qui a sévi en Occident après la hausse des prix du pétrole dans les années 1970 à l’OPEP en est un autre exemple.

Nous comprenons ces exemples, au sein du MMT, en réalisant que, finalement, l’inflation se poursuit parce que le gouvernement paie davantage pour le même «panier» de biens et de services, par divers moyens, tels que les politiques d’indexation.

Mais il faut comprendre que la contrainte ultime sur les dépenses du gouvernement n’est pas financière mais réelle : les ressources réelles disponibles à la vente.

 


Article original : http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=41133

Illustration : seagnature.com

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