Soft Currency Economics [2] – Introduction – Énoncé de l’objectif

Le livre fondateur de MMT

par

Warren Mosler

1996 – 2013

VALANCE CO., INC.,


Traduction par

Robert Cauneau – MMT France et Ivan Invernizzi – MMT France / Rete MMT Italia


Introduction

Au milieu d’une grande abondance, nos dirigeants favorisent la privation. On nous dit que les soins de santé nationaux sont inabordables, alors que les lits d’hôpitaux sont vides. On nous dit que nous n’avons pas les moyens d’embaucher plus d’enseignants, alors que de nombreux enseignants sont au chômage. Et on nous dit qu’on ne peut pas se permettre de donner des déjeuners scolaires, alors que les surplus de nourriture sont gaspillés.

Lorsque les personnes et le capital physique sont utilisés de façon productive, les dépenses de l’État qui transfèrent ces ressources vers d’autres utilisations forcent un compromis. Par exemple, si des milliers de jeunes hommes et de jeunes femmes étaient enrôlés dans les forces armées, le pays bénéficierait d’une force militaire plus forte. Cependant, si les nouveaux soldats avaient été des constructeurs de maisons, le pays pourrait souffrir d’une pénurie de nouvelles maisons. Ce compromis peut réduire le bien-être général de la nation si les Américains accordent plus d’importance aux maisons neuves qu’à une protection militaire supplémentaire. Si, toutefois, la nouvelle main-d’œuvre militaire ne provient pas de constructeurs de maisons, mais de chômeurs, il n’y a pas de compromis. Le coût réel de la conscription de constructeurs de maisons pour le service militaire est élevé ; le coût réel de l’emploi des chômeurs est négligeable.

L’essence même du processus politique consiste à accepter les compromis inhérents auxquels nous sommes confrontés dans un monde aux ressources limitées et aux besoins illimités. L’idée que les gens peuvent améliorer leur vie en se privant de biens et de services excédentaires va à l’encontre du bon sens et de toute théorie économique respectable. Lorsqu’il y a de vastes ressources au chômage, comme c’est le cas aujourd’hui aux États-Unis, les coûts d’arbitrage sont souvent minimes, mais considérés à tort comme inabordables.

Lorsqu’un membre du Congrès examine une liste de propositions législatives, il détermine couramment l’accessibilité en fonction du montant des recettes que l’État fédéral souhaite percevoir, que ce soit sous forme d’impôts ou de réductions des dépenses. La monnaie est considérée comme une ressource économique. Les déficits budgétaires et la dette fédérale ont été le point central de la politique budgétaire, et non les coûts et avantages économiques réels. L’opinion prédominante selon laquelle les dépenses fédérales sont imprudentes, désastreuses et irresponsables, simplement parce qu’elles accroissent le déficit, l’emporte.

Des groupes d’intérêts des deux côtés de l’échiquier politique se sont ralliés autour de divers plans visant à réduire le déficit. L’opinion publique tient pour acquis qu’un budget équilibré n’apporte des avantages économiques nets qui ne sont dépassés que par le remboursement de la dette [NdT : donc en excédent]. L’administration Clinton affirme que la réduction du déficit en 1994 est l’une de ses plus grandes réalisations. Tous les nouveaux programmes doivent être financés au moyen de recettes fiscales ou de réductions des dépenses. Un budget équilibré est devenu synonyme de responsabilité budgétaire.

Les déficits « colombes » et les déficits « éperviers » qui débattent des conséquences de la politique budgétaire acceptent tous les deux la compréhension traditionnelle des emprunts fédéraux. Les deux côtés de l’argumentation acceptent la prémisse que l’État fédéral emprunte de la monnaie pour financer ses dépenses. Ils ne diffèrent que par leur analyse des effets du déficit. Par exemple, les colombes peuvent soutenir que, puisque le budget ne fait pas de distinction entre les dépenses d’investissement et les dépenses de consommation, le déficit est surestimé. Ou que, puisque nous empruntons principalement à nous-mêmes, le fardeau est surestimé. Mais même si les décideurs politiques sont convaincus que le déficit actuel est un problème relativement mineur, la possibilité qu’une certaine initiative de politique budgétaire entraîne par inadvertance un déficit élevé, ou que nous devions de la monnaie à des étrangers, représente un risque élevé. On croit que les déficits fédéraux minent l’intégrité financière du pays.

Les décideurs politiques ont été manifestement induits en erreur par une compréhension budgétaire et monétaire obsolète et inapplicable. Par conséquent, nous faisons face à une sous-performance économique continue.

Énoncé de l’objectif

Le but de ce travail est de démontrer clairement, par pure logique, qu’une grande partie du débat public sur bon nombre des questions économiques actuelles est invalide, allant souvent jusqu’à confondre coûts et avantages. Il ne s’agit pas d’un effort visant à modifier le système financier. Il s’agit d’un effort visant à donner un aperçu du système monétaire fiat, un système très efficace qui est actuellement en place.

La validité de la réflexion actuelle sur le déficit budgétaire fédéral et la dette fédérale sera remise en question d’une manière qui dépassera à la fois les faucons et les colombes. Lorsque nous nous rendrons compte que le déficit ne peut présenter aucun risque financier, il sera évident que les programmes de dépenses devraient être évalués en fonction de leurs avantages économiques réels et mis en balance avec leurs coûts économiques réels. De même, une analyse significative des modifications fiscales permettra d’évaluer leur incidence sur l’économie et non sur le déficit. Il sera également démontré que les incitations à l’épargne fiscalement avantageuses créent un besoin de dépenses en déficit.

La discussion commencera par une explication de la monnaie fiat et exposera les principaux éléments du fonctionnement du système bancaire. Les points suivants seront mis en évidence :

La politique monétaire fixe le prix de la monnaie, qui ne détermine qu’indirectement la quantité. On montrera que le taux du financement au jour le jour est le principal instrument de la politique monétaire. La Réserve fédérale fixe le taux du financement au jour le jour, le prix de la monnaie, en ajoutant et en drainant des réserves. Les dépenses, les impôts et les emprunts de l’État peuvent également accroître et assécher les réserves du système bancaire et, par conséquent, font partie de ce processus.

Le concept du multiplicateur monétaire est à l’envers. Les variations de la masse monétaire entraînent des variations des réserves bancaires et de la base monétaire, et non l’inverse.

La monétisation de la dette ne peut pas avoir lieu et n’a pas lieu.

L’impératif qui sous-tend les emprunts fédéraux est de puiser dans les réserves excédentaires du système bancaire pour soutenir le taux du financement au jour le jour. Il ne s’agit pas de financer des dépenses non couvertes par des impôts. Les dépenses publiques non couvertes par des impôts (« dépenses déficitaires ») créent naturellement un montant équivalent de réserves excédentaires dans le système bancaire. Les emprunts d’État constituent une ponction sur les réserves, qui a pour fonction de soutenir le taux des fonds fédéraux prescrit par le Federal Reserve Board of Governors.

La dette fédérale est en fait un compte de maintien du taux d’intérêt (CMTI).

La politique budgétaire détermine le montant des nouveaux fonds directement créés par l’État fédéral. En bref, les dépenses déficitaires sont la création directe de nouveaux fonds. Lorsque l’État fédéral dépense puis emprunte, un dépôt sous forme de titres du Trésor est créé. La dette publique est essentiellement égale à l’ensemble de la nouvelle monnaie directement créée par la politique budgétaire.

Toutefois, les options en matière de dépenses, d’imposition et d’emprunt ne sont pas limitées par le processus lui-même, mais par le caractère souhaitable des résultats économiques. Le montant et la nature des dépenses fédérales ainsi que la structure du code des impôts et le maintien des taux d’intérêt (emprunts) ont des répercussions économiques importantes. La décision quant au montant de monnaie à emprunter et au montant à imposer peut être fondée sur l’effet économique de la variation de la composition, et il n’est pas nécessaire de se concentrer uniquement sur la composition elle-même (comme l’équilibrage du budget).

Enfin, la conclusion comprendra cinq autres discussions.

Et si personne n’achète la dette ?

  • Comment l’État parvient-il à dépenser autant qu’il le fait sans provoquer d’hyperinflation?
  • Plein emploi ET stabilité des prix.
  • La fiscalité et une discussion du commerce extérieur.

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