MMT – THÉORIE DU TAUX DE CHANGE

par

Ivan Invernizzi

RETE MMT ITALIA – MMT FRANCE

20 juin 2021

Cet article a été présenté à la 2e conférence internationale sur la MMT en 2018 à New York et a fait l’objet d’une interview par RealProgressive.


Traduction par Robert Cauneau – MMT France


« Dans le cas où l’État est le fournisseur unique de sa devise d’émission, il est en position de fixateur de prix de sa devise. Il peut fixer unilatéralement les termes de l’échange qu’il offrira à ceux qui recherchent sa devise. »

W.Mosler, M.Forstater,« Un cadre analytique général pour l’analyse des devises et autres produits de base ».

RÉSUMÉ

Le concept de base de la MMT, la devise en tant que monopole public, conduit à une compréhension du marché comme un système généralisé d’échange de devise qui se trouve apparaître seulement d’une manière incidente comme un système généralisé d’échange de biens et de services. Dans cette perspective, le marché ne consiste pas à acheter et à vendre des marchandises et du travail, mais à acheter et à vendre une devise spécifique dont le prix est empiriquement fixé en termes de marchandises ou de travail. Le prix de la devise ou, de manière moins ambiguë, le terme d’échange de la devise, est structurellement déterminé par le monopoliste de l’approvisionnement primaire de la devise – les dépenses publiques. Par conséquent, en raison d’une caractéristique spécifique du système, le terme d’échange de la devise s’écartera de manière plus ou moins importante de son niveau structurel à mesure que la force de la fiscalité fera descendre la devise dans le secteur privé, avant d’en être réellement aspirée et détruite par le monopoliste avec la fiscalité elle-même.

La détermination du terme d’échange de la devise s’exprime aussi en termes de taux de change avec l’extérieur (donc par rapport aux autres devises), a priori du déséquilibre commercial, de la dépendance économique ou de la taille économique du pays.

Cet article fournira une explication MMT pure de la détermination du taux de change qui se démarque de toute autre approche.

Introduction

Tous les cadres qui expliquent le monde réel ne peuvent pas être considérés comme valides, sinon nous pourrions avoir un nombre infini de vérités potentielles trop ouvert pour prétendre à la scientificité.

Un paradigme, dans la mesure où cela est effectivement possible, devrait être choisi en raison de son ajout de contenu empirique par rapport à son prédécesseur et de sa capacité à prédire des nouveautés jusqu’alors inattendues, cohérentes a priori avec son noyau dur, sans fournir continuellement un ajustement ad hoc a posteriori[1].

Les théories du taux de change, tant orthodoxes qu’hétérodoxes, sont loin de pouvoir comprendre la dynamique du taux de change puisque, du moins du point de vue de l’auteur, elles ne reconnaissent absolument pas la devise comme un monopole. Ce manque de compréhension a été souligné, entre autres choses, par l’incapacité partielle ou totale d’expliquer et de prévoir ce qui suit :

  • une déflation persistante combinée à une dépréciation de la devise nationale au Japon sous un régime de quasi plein emploi et avec une politique monétaire « expansive »,
  • une dépréciation soudaine du dollar américain par rapport à l’euro en 2015,
  • la déflation continue associée au Quantitative Easing.

Le but de ce document est d’expliquer comment, en tant que monopole, la valeur de la devise, ou comme nous l’appellerons le terme d’échange de la devise, est fixée a priori de tout agrégat monétaire. Dit autrement, le terme d’échange de la devise n’est le résultat ni d’un flux monétaire ni d’un stock. Il va sans dire que cette réalité affecte également le terme d’échange de la devise nationale en termes d’autres devises. Cela signifie que la valeur de la devise n’est pas la conséquence de la quantité de devise en circulation. Elle est celle du prix que le monopoliste veut bien lui attribuer. 

Ce qui suit est un document qui se veut stimulant du point de vue épistémique, théorique et linguistique en raison du changement de paradigme qu’il propose. Il s’agit d’un changement de paradigme basé sur la contribution de Warren Mosler, comparable à celle promue en biologie par Charles Darwin.

L’approche de Mosler

Le paradigme Moslerien repose sur un thème central : le monopole de la devise.

Par « monopoliste », Mosler entend un fournisseur unique de devise nationale, c’est-à-dire d’actifs financiers nets. Plus précisément, les actifs financiers nets sont définis comme le montant des actifs du secteur privé[2] qui ne sont pas adossés à des engagements privés dans une unité de compte donnée (ex. : dollars ou euros). 

De ce point de vue, la devise n’est pas d’abord un moyen d’échange, elle n’émerge pas de la « dimension de la circulation ». Elle est le résultat d’une organisation sociale coercitive : l’État. La devise est un outil destiné à fournir à l’État (qui peut plus largement être compris comme l’autorité politique centrale) des ressources réelles[3].

Plus précisément, les vendeurs de marchandises pour la devise d’un État sont créés en imposant à une population donnée le paiement d’un impôt payable seulement dans des fonds désignés comme acceptables par l’État.

La capacité d’imposer des taxes est la condition nécessaire et suffisante pour qu’un État puisse se fournir en marchandises en dépensant sa devise.

Ainsi, la devise ne devient un moyen d’échange au sein du secteur privé que d’une manière incidente. Elle le devient nécessairement lorsque l’État l’impose à une population plus nombreuse que celle qui a un accès direct à son approvisionnement primaire[4] -les dépenses publiques- et, ce faisant, impose à une partie du secteur privé de se procurer de la devise auprès d’autres agents privés. Ce qui vient d’être décrit est la prémisse nécessaire du système général d’échange/arbitrage de devises communément appelé Marché (Tcherneva 2016) et qui s’appellera plus tard dans cet article « le filtre de la devise ». C’est pourquoi le marché est un épiphénomène de l’État et son résultat une conséquence de son organisation politico-institutionnelle.

Le monopoliste de la devise n’a pas seulement le contrôle exclusif de l’offre de devise (telle qu’elle est définie)[5]. Il a aussi le contrôle de la demande de devises par la fiscalité. Cela signifie qu’il a toujours le pouvoir d’augmenter ou de réduire le besoin de devise dans le secteur privé et, éventuellement, en fonction de la structure institutionnelle de l’État, la capacité de déterminer avec précision son niveau. La taxation crée chez les agents du territoire la nécessité d’obtenir une devise spécifique. Une augmentation de la taxation augmente ce besoin, donc la demande de devise, qui est la contrepartie de la nécessité de payer les taxes, ainsi que du désir d’épargne nette.

M1, M2, M3 et tout agrégat monétaire commun mesurent simplement certains actifs plus ou moins restrictifs, mais ne reflètent pas une variable compatible avec le concept de monopoliste monétaire. Ils ne correspondent jamais aux actifs financiers nets en circulation dans le secteur privé. Les actifs financiers nets du secteur privé comprennent les actifs privés non couverts par des engagements privés[6].

Mosler explique ci-après comment la base monétaire doit être définie. En d’autres termes, la quantité de devise en circulation selon le cadre de la MMT.

«C’est-à-dire que, avec les effets de change flottants d’aujourd’hui, je définis la base monétaire comme la devise en circulation + les soldes en dollars des comptes de la Fed. Et les soldes en dollars des comptes de la Fed incluent les « comptes de réserve » et les « comptes de titres » (titres du trésor) des banques membres. Et pour moi, il n’est pas faux d’inclure toute autre dette garantie, y compris le papier d’agence, etc.

En d’autres termes, avec un taux de change flottant, la « base monétaire » peut logiquement être définie comme le total des actifs financiers nets des secteurs non gouvernementaux (notez, par exemple, que cela signifie que le QE ne modifie pas la base monétaire ainsi définie, ce qui correspond davantage à l’observation selon laquelle le QE dans le contexte actuel n’est rien de plus qu’un impôt qui supprime les revenus d’intérêts perçus de l’économie). Et la réduction du déficit est la réduction de l’ajout de la devise de base à l’économie, avec les effets de ralentissement prévisibles observés. »

Le but de cet article est de « recadrer » les dépenses de l’État en matière de déficit public en évitant de « s’endetter » comme ce serait le cas avec les changes fixes, pour « augmenter la monnaie de base » comme c’est le cas avec les changes flottants qui font que les dépenses nettes de l’État augmentent les avoirs de l’économie en passifs de l’État, c’est-à-dire des « crédits de taxe ».

Ce qui suit n’est rien de plus que la simple application du modèle de Mosler, pour comprendre les devises, à l’aspect spécifique du terme d’échange et de la détermination du taux de change.

Dans ce cadre moslerien, nous pourrions définir comme terme d’échange structurel de la devise celui qui est un résultat direct de la décision du monopole d’état (émergeant de la combinaison des composants de #1 à #6) et, comme gravitation autour de lui, l’effet des composants restants qui ne sont rien de plus que l’espace des agences fournies par le système au secteur privé. Ainsi, le modèle de détermination du niveau du terme d’échange de la devise est composé des éléments suivants que nous pouvons imaginer comme étant superposés les uns aux autres, le dernier imposant son effet sur le résultat du premier.

# 1 L’offre primaire de devise : terme marginal d’échange imposé par le monopoliste à la devise (TME) à sa source.

Le Terme Marginal d’Échange (TME) imposé par le monopoliste à la devise est le fruit de sa décision sur ce que le secteur privé doit faire ou fournir en termes réels à l’État, au stade de l’offre de devise primaire (la dépense publique) pour obtenir la prochaine unité monétaire. Le TME doit être conceptualisé en termes de travail abstrait[7]. Il est la valeur nominale que la devise donne aux marchandises, matérielles ou immatérielles[8], avec leur monétisation (transformation en devise) par les dépenses publiques lors de leur achat et, comme le revers de la médaille, la valeur réelle que l’État donne à la devise lors de sa dépense.

Notez que le TME n’est pas une affaire de quantité. La quantité de devise[9] n’est pas la cause mais une conséquence partielle, comme il sera expliqué plus loin, du TME. Le fait d’être un monopole fait qu’elle se crée immédiatement à sa source avec un terme d’échange déterminé par son fournisseur. Le monopoliste détermine toujours directement ce qui va être nécessaire pour obtenir la prochaine unité de devise. Et nous pouvons dire que l’État fixe le prix en termes de marchandises (et de travail) au niveau de l’offre primaire de la devise, et que ce n’est pas le secteur privé qui fixe le prix de la devise en fixant librement le terme d’échange de la devise à partir d’un stock préexistant de devise sans prix.

Comme expliqué dans « Monnaie, pouvoir et régimes monétaires » (Tcherneva 2016), la devise dispose d’un étalon de mesure de valeur exogène construit socialement. Et cette mesure est la condition préalable logique de ce que nous appelons le « marché ».  Le système monétaire et la valeur de la devise qui en découlent ne sont une conséquence ni logique ni historique du marché, mais un fondement du marché.

Ici, nous avons l’essence de la détermination du terme d’échange de la devise qui est structurellement et logiquement a priori de la quantité fournie de la devise et qui se reflète également dans le cas spécifique du TME pour les autres devises. Ceci sera expliqué plus loin[10]. 

L’offre courante en quantité et le stock de la devise ont deux causes :

  • La nécessité de payer l’impôt et le désir d’épargne du secteur privé (à la fois résident et non résident), donnant le montant et l’organisation de la charge fiscale (la structure d’aspiration de la devise) au terme marginal d’échange déterminé par le monopoliste dans le temps. En d’autres termes, la volonté du secteur privé de vendre des marchandises pour obtenir des devises.
  • La volonté de l’État d’approvisionner le secteur privé en devise par des dépenses publiques.

Si l’État continue à dépenser la même devise pour les mêmes choses, il n’y aura jamais d’effet nominal, mais juste, en cas de changement technologique, un changement dans le niveau de travail social nécessaire incarné dans la devise. En cas de progrès technologique (qui entraînerait une diminution du besoin de travail pour une production donnée), il y aurait soit une augmentation du salaire réel par heure, soit une augmentation du profit. Notons qu’en dépit de tout cela, il est théoriquement possible pour l’État de créer de l’austérité en augmentant le prix qu’il dépense, ainsi que la taxe qu’il exige, comprimant ainsi le déficit qu’il accuse. Il est donc possible de créer une déflation avec le plein emploi et une inflation avec un chômage massif.

#2 Politiques monétaires

Le rôle de la politique monétaire dans l’approche de Mosler est très éloigné de l’approche traditionnelle et post-keynésienne. Le raisonnement, en ce qui concerne les politiques monétaires, part de la définition dite académique de l’inflation, qui est définie comme une augmentation continue du niveau des prix, et du fait que le prix inclut une date de livraison donnée. L’étape suivante du raisonnement consiste à définir la structure des taux d’intérêt des prix comme la matrice des prix qui inclut les prix pour les dates de livraison futures, qui sont appelés prix à terme.

Pour les denrées non périssables, la structure par échéance des prix est fonction du prix de la livraison immédiate plus les coûts de stockage. Les coûts de stockage comprennent un coût de financement et sont donc fonction des taux (on entend par « coût de financement » à la fois les coûts de financement en cas de prêt et les coûts d’opportunité en cas d’autofinancement).

  • Les prix à terme des denrées périssables sont fonction des prix à terme des composantes de l’offre (coût à terme des intrants) et de la demande à terme et, par conséquent, de la structure des taux, puisque les coûts à terme des intrants et la demande à terme sont fonction de la structure par échéance des taux.
  • Par conséquent, la structure par terme des taux directeurs est considérée comme une diminution structurelle continue de TME et, en d’autres termes, le taux d’inflation tel que défini d’une manière académique.

#3 La restriction de l’offre primaire de devise

La restriction de la possibilité d’obtenir des revenus directement des dépenses de l’État permet une augmentation du terme d’échange de la devise lorsqu’elle passe au secteur privé avant d’être aspirée par l’État par la taxation. Plus le goulot d’étranglement dans l’accès primaire à la devise est étroit, plus le TME peut augmenter lorsque la devise est échangée dans le secteur privé, aussi bien contre des marchandises matérielles/immatérielles, que contre d’autres devises.

La raison en est que, si l’offre primaire n’est pas universellement disponible, l’accès à la devise par le secteur privé qui n’est pas directement fourni par les dépenses publiques est conditionné par l’offre précédente, qui elle-même bénéficie de ce privilège.

Plus la devise doit faire de passages avant d’arriver à quelqu’un, plus le TME peut augmenter jusqu’au cas extrême de ceux qui ne peuvent pas obtenir la devise dans un TME, les chômeurs involontaires.

En effet, pour les personnes en chômage involontaire, le terme d’échange de la devise est infini, car elles ne peuvent l’acheter à aucun prix.

#4 Le filtre de la devise

Une fois que la devise est parvenue dans le secteur privé, combien de passages est-elle obligée de faire pour parvenir à un agent donné ? La réponse est différente selon les agents et, bien sûr, elle évolue au fil du temps. Le point important est que, à moins que l’État ne fournisse un accès universel direct à la devise, c’est la stratification des différents degrés de privilège dans l’accès à la devise qui définit le nombre de passages que la devise doit faire avant de pouvoir parvenir à un agent.

Plus les passages sont nombreux, plus, d’un point de vue financier, le TME est susceptible d’augmenter strictement car l’accès à la devise est limité par la capacité et la volonté d’un ensemble, d’une chaîne d’agents privés qui relient le monopoliste à l’agent en question.

Nous appellerons cette stratification dans l’accès de la devise « Le filtre de la devise ».

Pour donner un exemple concret d’une telle dynamique, imaginez un grand marché public pour construire une grande base militaire. La société A qui remporte un tel marché public sous-traitera dans une certaine mesure et paiera une partie du travail à trois autres entreprises (B, C, D,). Ces entreprises sous-traitent à leur tour et paient une partie de leur travail à 5 autres entreprises (appelées E, F, G, H, I). Et, bien entendu, chaque entreprise paie ses travailleurs. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi les salaires des travailleurs de l’entreprise qui reçoit directement le paiement du monopoliste sont susceptibles d’être plus élevés, ou au moins potentiellement plus élevés, que ceux de l’une des 8 entreprises sous-traitantes ; la capacité de payer de A est différente, toutes choses étant égales par ailleurs, de celle de l’un des 8 sous-traitants, l’accès aux devises étant conditionné par l’accès des devises à A et, partant, à B, C ou D. 

Ainsi, un système monétaire spécifique peut donc être vu comme une longue chaîne formant un ensemble, comme celui mentionné ci-dessus. Une telle façon de définir la compréhension du marché pourrait être étendue pour inclure le nombre de canaux potentiels, et pas seulement effectifs, à disposition pour la devise. Mais vu que le but de cet article n’est que d’illustrer qualitativement un nouveau paradigme sans le formaliser d’un seul coup dans un langage non verbal, nous n’irons pas plus loin sur un tel aspect, car il n’en modifie pas qualitativement le propos.

Tout ce qui a été présenté ci-dessus n’est pas la fin de l’histoire parce que, tout d’abord, le filtre de la devise doit être complété par la structure fiscale, afin de permettre d’obtenir une image globale du côté financier du système. D’autre part, l’aspect financier du système doit être complété par l’aspect réel de l’économie.

#5 La structure de destruction de la devise (les taxes)

La manière dont la charge fiscale est répartie au sein d’une société influe sur la nécessité d’obtenir de la devise, et donc sur le terme d’échange de la devise au sein du secteur privé. Lorsque la charge fiscale est plus élevée a priori de la production, toutes choses étant égales par ailleurs, le terme d’échange de la devise aura tendance à augmenter[11]. Il est certain que la manière dont les taxes sont réparties au sein du secteur privé peut influencer la valeur relative des produits, d’une manière différente selon que la taxation est proportionnelle au montant de la production (TVA) ou qu’elle est indépendante de la production.

Un territoire, dans notre modèle nous devrions dire une partie du « filtre de la devise », qui est beaucoup plus sévèrement taxé – indépendamment de la production – qu’un autre territoire, devrait faire face à un plus grand besoin de devises qui, toutes choses étant égales par ailleurs, sans une offre directe infiniment élastique de devise à TME constant, entraînerait une augmentation locale de TME. Cette composante réelle du système est de toute façon ambiguë car l’effet peut être ambiguë sur les prix des matières premières.

# 6 La discipline en matière de crédit en ce qui a trait à la constitution de garanties

Accepter des dettes privées pour le paiement des impôts est une façon de permettre aux agents privés d’emprunter pour payer les impôts, ce qui est désormais possible. Dans ce cas, le gouvernement établit des exigences de garantie pour les prêts bancaires de dépôts qui peuvent être utilisés pour payer les impôts. Ce n’est pas du tout réaliste. Il n’y a aucun moyen de surveiller ou de faire respecter la loi, mais cela fait partie du processus de détermination du TME puisque le TME du crédit de taxe généré de cette façon, si la dette privée n’est pas remboursée, est la garantie fournie.

#7 Dette privée et gravitation du terme d’échange.

Puisque la devise est un monopole, les termes de l’échange ne peuvent pas être déterminés indépendamment du monopoliste et ne peuvent tout simplement pas être considérés comme un processus qui émerge de la dynamique endogène. Le crédit est un moyen de déplacer les actifs financiers nets, et non de les créer. Celui qui le reçoit, n’augmente pas sa situation financière, mais trouve juste un moyen de la diminuer grâce au paiement qui est fait grâce au crédit. Toute dépense consiste nécessairement à déplacer les actifs financiers nets et ses prémisses sont la volonté d’un agent économique de diminuer sa position nette. Le crédit n’est qu’un moyen d’y parvenir et c’est quelque chose qui ne peut émerger a priori de la volonté mentionnée ci-dessus. Le crédit ne fournit pas ce que le monopoliste fournit.

Certes, un propriétaire privé d’actifs financiers nets peut toujours choisir de vendre ses actifs à un prix inférieur (en termes de TME) à ce qui est vendu par le monopoliste, aussi longtemps qu’il dispose de sa capacité à vendre de la devise nationale, créant ainsi une diminution temporelle et locale dans le TME d’une devise par rapport à une autre. Une telle situation est susceptible de se produire lorsqu’il y a expansion du crédit. En reliant le crédit au filtre de la devise, on pourrait dire que le crédit peut temporairement augmenter ou diminuer, en fonction de ses tendances à se développer ou à se contracter, les contraintes étant imposées par le filtre de la devise. Comme ces expansions-contractions ne se produisent pas dans tous les filtres à la même vitesse, cela peut créer une pression temporelle-locale sur les prix relatifs. On peut donc considérer le crédit comme un phénomène qui crée une gravitation plus ou moins locale et temporelle autour du TME. De toute évidence, cela crée un mouvement d’ »l’orbite » du niveau général des prix autour du TME.

Par exemple, une forte expansion du crédit dans le secteur du logement est susceptible de modifier le prix du logement, ce qui affecte le niveau général des prix même si le TME reste fixé à sa source, la structure d’aspiration de la devise du filtre monétaire et la technologie dans la concurrence réelle ne changeant pas.

#8 Composantes économiques réelles

Puisque nous prenons le terme d’échange de la devise comme un étalon de mesure de la quantité de travail abstrait achetable par la devise[12], tout ce qui modifie la relation entre le prix relatif et le contenu relatif du travail abstrait aura un impact sur la façon dont le TME est traduit/déformé dans le prix des biens.

Le présent document vise à définir comment la valeur de la devise est déterminée. Cela est strictement lié, bien que ce ne soit pas la même chose, à la détermination du niveau des prix. Le système procède à la détermination du prix sous condition mais, bien entendu, il offre également un certain degré de liberté aux agents privés.

En fait, la concurrence réelle, comme nous le verrons brièvement plus loin, conditionne la distribution réelle des prix dans les différents secteurs en déterminant, en termes de travail abstrait, l’axe autour duquel la distribution se développe et en influençant également son asymétrie.

Comme le contexte de la concurrence réelle peut changer, ses résultats peuvent aussi changer, c’est pourquoi, en fin de compte, il est nécessaire d’inclure les chocs de l’économie réelle dans le tableau.

Paysage concurrentiel réel

Comme le décrit Shaik (Shaik 2017) dans son cadre de concurrence réelle, les prix ne sont pas limités par la théorie quantitative de la concurrence, où la marge bénéficiaire, le degré de liberté pour une entreprise (ou tout producteur) de fixer un prix dépend de la quantité du produit dans un tel secteur. Bien plus solide théoriquement, et peut-être aussi empiriquement, est l’idée que le prix est limité par le « capital régulateur », le coût qu’un nouveau producteur potentiel devra supporter pour produire à la marge[13] qui n’est pas le coût marginal mais le coût moyen d’un nouvel implant productif complet.

Le lien avec notre analyse est que le prix d’une marchandise ne dépend pas du travail qu’elle contient mais, comme dans le cas de la devise, du travail qui devrait être fourni pour la production des unités à la marge. De même, si dans le cas de la devise, la marge et la marginalité ont la même signification puisque l’offre de devise n’est pas limitée par la production de nouvelle devise. L’offre de devise est toujours libre et son TME est une décision politique arbitraire, comme le décrit le cadre de concurrence réel proposé par Shaik[14].

Chocs réels

Des chocs réels, comme une catastrophe naturelle ou une catastrophe infrastructurelle (comme celle de Fukushima), peuvent modifier temporairement la reproductibilité d’une production spécifique d’une manière telle que la modification de la valeur relative crée un mouvement d’ »orbite » du niveau général des prix autour du TME.

Notons que la reconnaissance de la devise en tant que monopole et de la structure de l’offre et de la demande de la devise résout ce qu’on appelle le « problème de transformation » : le problème de la recherche d’une règle générale pour la transformation de la valeur des marchandises (sur la base de leur contenu de travail socialement nécessaire, selon la théorie de la valeur-travail) en « prix compétitifs » du marché.

Notez également que le cadre distingue le TME du niveau des prix et du niveau d’emploi qui en découlent. Une redénomination de la devise se produit lorsque l’État diminue le TME, ce qui signifie une augmentation des prix payés par l’État pour les mêmes choses. Il est certain que de fortes restrictions budgétaires (comme un budget primaire excédentaire) sont susceptibles de forcer l’État à diminuer le prix qu’il paie et, ce faisant, à augmenter le TME et à se résoudre à la déflation. D’un autre côté, une grande marge de manœuvre budgétaire permet à l’État, dans une perspective de gouvernance multiple, de réduire plus facilement le TME. Ceci dit, le cadre explique également comment le TME et la quantité dépensée ne sont pas une seule et même chose et implique logiquement qu’un État peut satisfaire le désir d’épargne nette privée dans la devise à un TME et une structure fiscale donnés sans modifier le TME. Le plein emploi et la stabilité du TME, et donc des prix, à l’abri d’un choc réel et d’une modification de la tarification du monopole[15] irremplaçable à court terme, sont toujours techniquement réalisables.

Détermination du taux de change

Le terme d’échange de la devise par rapport aux autres devises est déterminé par la façon dont la combinaison spécifique de la composante illustrée rend difficile l’obtention de la prochaine unité monétaire pour celui qui possède la devise étrangère. Étant donné que les devises étrangères ont également un TME, cela signifie que le taux de change structurel est déterminé par l’interaction de la structure de l’offre et de la demande de la devise. Encore une fois, il ne s’agit pas de la quantité de devises, mais immédiatement du terme d’échange. Tout ce qui fait baisser les prix crée, dans la même mesure, une pression structurelle pour l’appréciation de la devise.

Abordons maintenant les deux anomalies citées plus haut, pour l’approche traditionnelle ou post-keynésienne, qui ont été présentées au tout début de cet article.

Le QE et la gravitation dirigée par le secteur privé.

L’assouplissement quantitatif est une opération qui consiste à retirer les actifs financiers nets au fil du temps, en supprimant les actifs qui procurent au secteur privé un revenu net d’intérêt et en les remplaçant par des actifs qui, en cas de politique de taux zéro et de courbe de rendement positive, ne procurent aucun revenu net d’intérêt. En fin de compte, la réduction des actifs financiers nets dans le secteur privé se traduit par ce qui est de l’austérité et il ne serait pas faux de considérer l’assouplissement quantitatif, sur le plan budgétaire, comme une mesure d’austérité pure et simple.

Pour ce qui concerne la dépréciation de l’euro, ce n’est rien d’autre qu’une forte gravitation due au secteur privé. Toute banque centrale de devises étrangères est un agent du secteur privé par rapport à la devise locale, puisqu’elle ne peut pas la créer.  Bien entendu, un propriétaire privé d’actifs financiers nets peut toujours choisir de vendre ses actifs au terme le plus bas que ce qui est vendu par le monopoliste. Ce comportement crée une dépréciation temporelle d’une devise par rapport à une autre, tant qu’il est capable de vendre de la devise nationale.

L’approche de Mosler fournit des outils pour distinguer le mouvement structurel du taux de change de la gravitation créée par le comportement de portefeuille du secteur privé. Le mouvement contingent est quelque chose qui accélère le processus de l’effet structurel autant qu’il le retarde. Mosler l’explique en disant que ça n’a pas d’importance si le poisson pris à l’hameçon dans l’océan décide de nager plus profondément ou de nager vers le haut, si vous moulinez dans le moulinet, les poissons viendront par la suite à la surface. Plus le poisson nage profondément sous l’eau au début, plus il sera forcé de remonter rapidement avec le temps.

Taux de change fixe

Le cas d’un taux de change fixe est celui où le TME est fixé en fonction du montant donné de la marchandise ou de la devise étrangère. Une telle mise en place consiste à maintenir un stock tampon de l’ancrage utilisé pour manipuler en permanence le taux de change afin de le maintenir fixe.

Notons également que l’État n’est pas nécessairement en mesure de soutenir la fixation de deux prix, comme c’est le cas dans un système bimétallique, puisque si la valeur relative entre les deux ancres change, l’État finit par acheter un lot de l’une des ancres et par vendre la totalité de ses avoirs dans l’autre, perdant ainsi sa capacité à fixer le taux de change des devises par rapport à cette dernière.

Corruption et taux de change

Notons que la forme courante de corruption peut tout aussi bien affecter le taux de change lorsque les banques prêtent à des « initiés » sans souci de remboursement, qui vendent ensuite la devise pour une devise étrangère qu’ils gardent dissimulée pour eux-mêmes, car la vente est susceptible de se faire à un terme inférieur au TME afin de pouvoir atteindre cette devise étrangère. Il s’agit d’un cas où les hausses générales du niveau des prix sont dues à la dépréciation du taux de change, qui est un phénomène du côté de l’offre, comme cela peut être le cas dans un pays fortement dépendant des importations comme le Venezuela.

Élaboration potentielle du cadre.

En expliquant comment des positions différentes au sein du système de la devise peuvent conduire à un TME de la devise différent, le cadre de Mosler peut être étendu pour étudier la dynamique de la distribution et des relations industrielles. Plus particulièrement, puisque la variation du TME de la devise entraîne une variation des prix au sein du secteur privé, et puisqu’un prix payé est un revenu nécessaire qui, sous les modes de production capitalistes, est divisé entre profit et salaire, on pourrait prétendre que lorsque le système fournit un TME inférieur, il y a davantage de place pour profit et salaire.

Par conséquent, dans cette position, il y a les conditions préalables pour qu’un travailleur obtienne plus d’avantages financiers que dans une autre position du système où le TME est plus élevé.

CONCLUSION

L’idée erronée selon laquelle les prix sont déterminés par la quantité de moyen de paiement est basée sur l’hypothèse selon laquelle la devise n’aurait pas de terme d’échange au moment de sa mise en circulation.

Le but de cet article est de montrer que, parce qu’elle est un monopole, la devise dispose d’un terme d’échange réel qui lui est propre, qui est fixé par le monopoliste en terme de travail abstrait. Par conséquent, les biens et les services n’ont pas un prix monétaire autonome exprimant, en contrepartie, le terme réel d’échange de la monnaie. Il en est ainsi parce que le marché, ce qui apparaît comme un système général d’échange de biens, est en réalité un système général coercitif d’échange-arbitrage de devise qui se traduit d’une manière collatérale en un système d’échange de biens entre agents privés.

Le prix nominal en termes d’une devise spécifique d’une marchandise spécifique est déterminé par la quantité de travail abstrait incorporé dans sa production à la marge, ce qui se traduit en valeur nominale en fonction du TME de la devise.

La structure fiscale, la dynamique du crédit, la dynamique de la concurrence réelle, le filtre de la devise sont autant d’éléments qui contribuent à façonner l’orbite, la divergence, des prix des biens par rapport au TME au niveau de l’offre primaire – les dépenses publiques – dans le processus d’arbitrage des devises qui se produit dans le secteur privé. Cela inclut la devise pour les produits de base – y compris la main-d’œuvre – et la devise pour les autres devises.

Le discours courant sur le taux de change laisse entendre que les déséquilibres de la balance commerciale ou du compte de capital sont les moteurs du processus de détermination du taux de change.

Notez que pour qu’un excédent / déficit commercial soit compris comme une pénurie / un excès de devises, vous devez présupposer non seulement que la quantité détermine le taux de change (ou les conditions de change de la devise en général), mais également que le désir d’épargne nette en devise nationale d’un «pays étranger», sont tous les deux constants et au niveau 0. Toute variation du désir d’épargne nette étrangère[16] à un niveau de change donné se traduira nécessairement par un déséquilibre. Tous les Thirwalls et les points de suivi des contraintes extérieures disparaissent, ou du moins doivent être déconnectés des déséquilibres commerciaux.

Notons aussi que la reconnaissance de la devise en tant que monopole, et toutes les composantes conséquentes du système que nous venons d’illustrer, résolvent le problème dit de « transformation », à savoir le problème de trouver une règle générale par laquelle transformer les  » valeurs  » des marchandises (basées sur une notion de travail abstrait) en « prix compétitifs » du marché.

La compréhension du taux de change a une forte incidence sur la compréhension des contraintes géopolitiques et géoéconomiques et donc sur la conception et la mise en œuvre des politiques. Une compréhension différente de la devise conduit à une compréhension différente du taux de change, de l’équilibre international du pouvoir et, en fin de compte, des phénomènes historiques d’évolution de ce que l’on appelle société capitaliste.

C’est pourquoi le paradigme de Mosler est, scientifiquement parlant, si important . 


Bibliographie

Pavlina R. Tcherneva 2016 Money, Power, and Monetary Regimes visiting professor at University of Bergamo, DAEMQ Department, Lectures of International Monetary

Warren Mosler “ A General Analytical Framework for the Analysis of Currencies and Other Commodities”

Warren Mosler “Exchange Rate Policy and Full Employment”

Warren Mosler “Full Employment AND Price Stability “

Warren Mosler “Maximizing Price Stability in a Monetary Economy. Warren Mosler “Soft Currency Economics”

Warren Mosler “The Natural Rate of Interest is Zero”

Warren Mosler MANDATORY READING MATERIAL for the 19th March 2014 Seminar of Warren Mosler,

Warren Mosler Seminar of 19th March 2014 in the course of International Monetary Economics at UniBg.

    • Warren Mosler MANDATORY READING MATERIAL for the 19th March 2014 Seminar of Warren Mosler,

    • Warren Mosler Seminar of 19th March 2014 in the course of International Monetary Economics at UniBg


NOTES

[1] Comme l’explique Imre Lakatos.

[2] Défini comme tout ce qui n’est pas trésor, extension du trésor (autorités locales dans les états non fédéraux) ou banque centrale.

[3] La devise n’a pas de valeur pour son monopoliste, seules les ressources réelles en ont, car la devise n’est qu’un enregistrement comptable créé ex nihilo par le monopoliste, tout comme la signature est créée pour un individu.

[4] Des actifs financiers nets.

[5] Le système bancaire ne peut pas créer ce qui est nécessaire pour payer les impôts, comme les soldes créditeurs des comptes à la BC. Seule la BC peut créditer les comptes sur ses livres des crédits nécessaires au paiement des impôts et plus précisément, à trois exceptions près. Seul le trésor public, en dépensant par l’intermédiaire de la BC, peut obtenir des actifs financiers nets. Oubliez l’idée erronée dominante dans l’environnement post keynésien que la BC est obligée d’accommoder a posteriori les prêts faits a priori par les banques privées pour le risque potentiel d’un éventuel effondrement financier. Il n’y a pas de prêts a priori de la part des banques privées. Si une banque prête de la monnaie et que le débiteur paie avec ce crédit, la compensation du paiement par la banque centrale elle-même crée toute réserve obligatoire comme une question de comptabilité. Ce n’est pas quelque chose qui arrive pour accommoder quoi que ce soit.

[6] La Fed a des agrégats monétaires qui incluent les titres du Trésor, appelés « S » et « L », mais qui sont rarement cités. Notez que dans cette catégorie, vous avez également les obligations d’État et les dépenses que la banque centrale effectue en achetant des actifs libellés dans une autre devise, car cela représente une dépense nette dans sa propre devise. Le cas où la banque centrale achète des engagements privés à un prix supérieur est fonctionnellement une subvention dans la mesure de la prime et est fonctionnellement égal à une dépense publique. D’un point de vue fonctionnel, tous les découverts possibles, libres et indéfinis, sans présomption de remboursement, constituent également une source d’actifs financiers nets. Cette dernière situation est un cas pertinent en Chine où la banque centrale permet à la banque publique de maintenir et d’augmenter les découverts pour permettre aux entreprises publiques de maintenir et d’augmenter les découverts gratuitement. Ce cas est fonctionnellement équivalent à une dépense publique en déficit, mais il n’est pas comptabilisé en tant que tel car il ne passe pas par le trésor public.

[7] Aussi, si Mosler n’a jamais utilisé ce concept marxien concernant le travail abstrait, j’entends le temps de travail socialement nécessaire à l’intensité moyenne et à la technique dominante.

[8] Y compris la force de travail

[9] Les achats de l’État sans imposition correspondante correspondent à l’offre d’actifs financiers nets. Cela comprend les dépenses publiques, les découverts de la banque centrale sans remboursement implicite, l’achat à prix fort d’actifs financiers ou l’achat de devises nettes en quantité fournie dans l’année.

[10] Notez que la reconnaissance de la devise comme un monopole et de la structure de l’offre et de la demande de la devise résout ce qu’on appelle le « problème de transformation ». Le problème de trouver une règle générale par laquelle transformer la « valeur » des marchandises (basée sur leur contenu en travail socialement nécessaire, selon sa théorie de la valeur du travail) en « prix compétitifs » sur le marché.

[11] En termes keynésiens, nous pourrions dire que là où la taxation est plus élevée, la demande est plus faible, et le prix aura tendance à être plus bas.

[12] Aka achetable

[13] Comme le pétrole dans les années 70, qui est un monopole marginal contrôlé par l’Arabie Saoudite.

[14] Le cadre de la concurrence réelle de Shaik est compatible avec le cadre du monopole de la devise de Mosler. On ne peut pas en dire autant de la compréhension que Shaik donne de la monnaie. A en juger par son livre, Shaik est conscient de la conclusion soulevée par MMT mais pas par la ligne de raisonnement de Mosler et plus particulièrement par l’implication de voir la devise comme un monopole public.

[15] Comme le cas de l’augmentation du niveau général des prix due à l’augmentation du prix du pétrole, qui est un monopole marginal, dans les années 70.

16 Épargne définie comme un flux d’une année, ce qui est différent de l’épargne définie comme un stock.

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