MMT : fondements historiques et logiques

par

Robert Cauneau – MMT France

Ivan Invernizzi – MMT France / Rete MMT Italia

16 août 2019


 

L’apport de la dimension historique à une théorie, monétaire ou autre, n’est sans doute pas suffisant en lui-même pour démontrer que cette théorie est juste. Mais il permet un éclairage absolument nécessaire pour étudier les dynamiques sous-jacentes ainsi que la manière dont elles s’articulent entre elles. Il aide à identifier les chaînes de causalité qui servent de base à la construction d’un corpus théorique qui soit cohérent, et il favorise l’élimination de l’arbitraire dans le raisonnement. Il permet également de falsifier certaines idées, comme celle selon laquelle le troc aurait précédé l’apparition de la monnaie, ou bien que le marché et les échanges réels seraient antérieurs à la monnaie.

Cet article a pour principal objectif de montrer que la MMT (Modern Monetary Theory) est assise sur des faits historiques solidement établis, ainsi que sur l’utilisation de la logique. Il explique notamment qu’un pouvoir coercitif est absolument nécessaire pour faire émerger les sociétés monétisées, puis que le marché est un épiphénomène de l’État1, tandis que le chômage est une construction sociale de l’État, qui lui-même dispose du monopole de la devise. Il présente enfin la spécificité de la pensée MMT face à toutes les autres approches monétaires.

 

1. De l’origine des sociétés2

On ne peut obtenir une bonne compréhension du potentiel de la MMT que si l’on dispose d’une bonne connaissance de l’origine des sociétés. Un retour vers le passé nous montre que celles-ci ne sont jamais apparues d’une manière spontanée, mais toujours sous la pression d’une autorité exerçant une forte coercition. Il montre également comment s’est imposée la nécessité de la monnaie.

A de rares exceptions près, l’histoire nous apprend que les sociétés ne peuvent émerger que là où il y a une autorité politique, c’est-à-dire un système au sein duquel il y a une partie de la population qui ne travaille pas à la production de sa nourriture, et qui peut unilatéralement s’approvisionner du bien produit par d’autres parties de la population d’une manière systématique. Il n’existe pas de groupes spontanés humains importants vivant ensemble, montrant une interaction systématique, sans autorité politique, sans coercition. Les grandes civilisations, dans la préhistoire, bien avant l’histoire, avant l’invention de l’écriture, qui disposaient déjà de systèmes de comptabilité formalisés et articulés, véhiculés différemment que par le langage verbal, ont toujours été connectées avec un pouvoir militaire et politique de coercition sur leur population. La constitution de civilisations s’est toujours fondée sur le contrôle par une force militaire.

Il est important de noter que, lorsqu’une civilisation disparaît, la raison en est pour la plupart des cas le fait qu’elle ne parvient plus à soutenir cette coercition, sans doute parce que son organisation sociale ne laisse pas suffisamment de ressources économiques pour soutenir les forces militaires. Les raisons de la disparition de l’Empire romain sont essentiellement le fait que, à un moment donné, celui-ci est devenu trop étendu pour parvenir à organiser une coercition systématique. Les immigrés s’y sont faits de plus en plus nombreux, pour approvisionner et enrichir l’armée, ce qui a entraîné une grande difficulté pour continuer à exercer le contrôle de ces troupes d’origine barbare, qui obéissaient davantage à leur hiérarchie militaire qu’à celle de l’Empire. Et il est intéressant de noter que le Moyen Age, qui a suivi, dans la partie ouest de l’ex-Empire, n’a connu aucune monétisation avec la devise romaine de l’ouest, qui avait donc disparu. Cette époque a ensuite vu l’émergence des seigneuries qui ont permis de développer un système économique certes encore basé sur la coercition, mais sans monnaie. Celles-ci étaient des économies fermées, les seuls biens échangés n’étant que marginaux, absolument pas nécessaires à la survie de la communauté. Il semble intéressant de préciser que, dans cette région, du VIème siècle jusqu’au début du Xème siècle, la division du travail a entraîné la disparition de la devise, qui elle-même a généré une diminution importante des productions culturelle, scientifique et technique. Il s’agit donc là d’un exemple intéressant qui montre que la disparition de l’autorité politique et du contrôle de la force a entraîné la disparition de la devise, ainsi que de l’économie de marché.

Lié à cela, même si potentiellement cela ne peut pas se reproduire obligatoirement dans toutes les situations, pour permettre à une communauté de se développer au-delà des petits groupes, il faut disposer d’une division et d’une spécialisation du travail suffisantes pour produire les infrastructures sociales et matérielles. On ne peut pas construire par exemple des grands réseaux d’eau, des aqueducs, ou des voies de communication, pour les échanges systématiques, pour fournir la capacité physique de rejoindre les autres individus, sans disposer d’un certain niveau de division du travail. Les agriculteurs ne sont pas des ingénieurs. Donc, afin de disposer de cette division du travail, il faut que la population qui produit les biens primaires les rende disponibles pour ceux qui, tout en jouant un rôle important dans la société, ne les produisent pas, par exemple les ingénieurs, les personnes qui disposent d’un savoir faire technique et les intellectuels. Il existe également un besoin d’orienter la production vers celle d’un maximum de calories et de résoudre les problèmes de stockage. Et ce type d’évolution n’est en rien naturel. Seule la force de coercition du pouvoir militaire, qui lui-même conditionne l’émergence du pouvoir politique, peut le permettre. Il faut en effet nécessairement une coercition pour obliger ceux qui produisent des biens primaires à fournir une partie de leur production à ceux qui n’en produisent pas. Il n’y a donc pas de classes sociales a priori3 de l’État.

Il en découle que le concept de « contrat social » ne dispose d’aucune base historique. Aucun État ne s’est construit de cette manière. Pendant la plus grande partie de son histoire, l’être humain a vécu au sein de groupes de plus ou moins douze personnes. Il est plausible de considérer qu’il y a une base biologique dans des groupes de cette dimension. Chez les mammifères, la dimension naturelle est le plus souvent au maximum de quelques dizaines. Au-delà, les groupes se séparent. Et seul l’être humain a été capable d’aller au-delà. Mais pour les mammifères développés les plus proches de nous, il n’y a pas de sociétés de milliards d’éléments qui se seraient créées spontanément. Si on regarde l’histoire de l’homme, les sociétés ne sont pas quelque chose de naturel. Ce sont des entités construites, qui nécessitent des structures artificielles afin de pouvoir être maintenues en place.

 

2. De l’origine et de la nature de la monnaie

L’origine de la monnaie est étroitement liée à celle des États.

La monnaie est antérieure au marché et aux échanges réels. « Elle n’est pas une créature du marché. Elle apparaît aussi comme un mécanisme social de distribution par une autorité du pouvoir. On peut dire que la monnaie est une « créature de l’État » qui a joué un rôle clé dans le transfert des ressources réelles entre les parties et dans la répartition des surplus économiques. »4

Un voyage historique à travers les origines de la monnaie indique qu’elle est d’abord et avant tout une relation sociale. Plus précisément, il s’agit d’une relation de crédit-dette de pouvoir, dans laquelle la partie endettée émet un passif qui est détenu par le créancier comme un actif. Derrière cette relation sociale se cachent des relations de pouvoir sociales variées qui codifient le comportement humain dans le contexte historique spécifique et les normes culturelles et religieuses qui régissent le processus d’approvisionnement social.

En Égypte, comme en Mésopotamie, la monnaie est née, comme unité de compte, de la nécessité pour la classe dirigeante de tenir des comptes des récoltes agricoles et des excédents accumulés, mais elle a aussi servi à comptabiliser le paiement des impôts, des tribus étrangères et des obligations tribales envers les rois et les prêtres. Selon Henry (2004), la monnaie ne leur servait à rien avant que les sociétés puissent produire un excédent. En effet, une transformation substantielle des relations sociales d’une société tribale égalitaire à une société stratifiée et hiérarchisée était nécessaire avant que la monnaie n’émerge. Une fois que les développements agricoles ont généré des excédents économiques, la taxation a été utilisée par les autorités comme méthode pour transférer une partie de ces excédents (les ressources réelles) de la population vers les palais. L’autorité centrale (le roi) prélevait des impôts sur la population et déterminait comment les régler en établissant l’unité de compte utilisée pour désigner toutes les dettes envers l’État (Henry 2004). Henry (2004 : 90) ajoute que la monnaie ne peut exister sans pouvoir et autorité. Les populations humaines organisées autour de l’hospitalité et l’échange n’en avaient tout simplement pas besoin5, alors que dans une société stratifiée, la classe dirigeante est obligée de concevoir des unités de compte standard qui mesurent non seulement l’excédent économique perçu sous forme d’impôts, mais aussi les dons royaux et les droits religieux qui étaient imposés à la population concernée.

Dans la Grèce antique, comme dans l’Égypte antique, l’émergence de la monnaie était étroitement liée à la nécessité pour les autorités religieuses de contrôler le flux de surplus. En d’autres termes, la monnaie devient un mécanisme public de distribution du surplus économique et de justice.

 

3. Le marché est un épiphénomène de l’État

L’histoire nous montre donc qu’il n’y a a jamais eu de système généralisé d’échanges, sans disposer de la monnaie. Contrairement à ce que pensent la plupart des économistes, l’échange n’est pas dans l’ADN de l’être humain. En effet, celui-ci est apparu il y a 200.000 ans, tandis que le marché n’existe que depuis quelques milliers d’années. Ainsi, dans les sociétés pré-colombiennes, qui ont certes réussi à se développer aussi bien au niveau de la culture que de l’urbanisme des villes, sur la base d’une véritable stratification sociale et d’une spécialisation du travail, il n’y avait pas de monnaie. Celle-ci a été inventée dans la zone Afro-EuroAsie, mais le continent américain ne connaissait pas alors ce type de mécanisme de distribution du surplus économique.

Le système généralisé d’échanges de biens et de services se développe grâce à deux éléments, la propriété privée et la division du travail, qui servent de base à l’autorité politique. Ce système génère la nécessité de la devise, dans le but pour la puissance politique d’essayer d’obtenir une partie de la production du système économique émanant de son territoire.

Ainsi, si l’on se base sur un raisonnement logique, on se rend compte qu’il ne peut y avoir de marché sans devise, qu’il n’y a pas de devise sans un État, et donc que le marché est un épiphénomène de l’État. Ce processus est basé sur la taxation par l’État des agents qui se trouvent ainsi obligés de demander cette devise, par tous les moyens possibles, donc d’offrir biens et services en échange de devises, pour faire face au paiement des taxes.

L’offre de biens et services en devises est créée par l’imposition des taxes. Par exemple, lorsque les Anglais sont arrivés pour coloniser le Ghana, il n’existait pas de devise dans ce pays. Pour mettre la population au travail dans des champs de café, ceux-ci décidèrent de taxer leurs habitations, avec la menace de les brûler s’ils ne s’en acquittaient pas. Les Ghanéens se trouvèrent donc dans l’obligation de se fournir en devise des Anglais, et donc d’offrir leur travail dans ce sens. Il s’agit donc là d’un système créé par la force qui a pour logique l’approvisionnement unilatéral par l’autorité politique.

 

4. Le chômage est une construction sociale de l’État

Le chômage est le fait que des personnes qui offrent du travail pour obtenir de la devise ne trouvent personne pour les payer dans cette devise. Il ne peut donc pas y avoir de chômage sans la devise.

Il est également important de constater qu’il ne peut y avoir d’offre de travail avant que l’État ait créé la devise. Dans la nature, il n’y a pas d’offre de travail. Dans les sociétés tribales, il n’y pas de chômage, parce qu’il n’y a pas d’offre de travail. Le mot travail n’y existe pas. En fait, le travail n’est pas distinct du reste de l’activité humaine. C’est la devise qui fait cette démarcation6. Tout le monde est occupé. Les hommes doivent passer leurs journées à accomplir les tâches essentielles pour leur survie, sauf cas particuliers, y compris avant qu’ils ne disposent de la monnaie.

Le chômage ne peut en effet exister que dans les économies monétisées. Il n’est pas un phénomène a priori de l’État. C’est en fait un phénomène qui nécessite comme pré-conditions aussi bien l’État que la devise. Le chômage est le fait que l’État crée une demande de devises, avec la taxation, puis une situation dans laquelle toute la demande de devise n’est pas satisfaite. Le chômage est donc un phénomène monétaire.

Les approches autres que celle de la MMT ont tendance à interpréter le chômage comme un phénomène endogène, qui est la conséquence de dynamiques intérieures uniquement au départ au sein du secteur privé, qui n’a rien à voir avec l’État. Pour elles, l’État intervient a posteriori.

Par contre, pour la MMT, s’il y a le marché, s’il y a un marché du travail, s’il y a la propriété, c’est parce qu’il y a l’État. Les résultats des marchés sont une responsabilité de l’État car c’est lui qui impose les règles à la base, qui définit les conditions du jeu des économies monétisées, y compris le capitalisme. Si l’État ne satisfait pas la demande nette d’épargne de devises, soit en ne dépensant pas suffisamment pour le niveau donné de taxes, soit en ne diminuant pas suffisamment les taxes, il y aura du chômage. Et cela change les rapports de force dans la société privée. Il en est de même pour la définition des limites du marché. Par exemple, la fin du travail des enfants a été imposée par l’État. Ce n’est pas le résultat de la bonté du genre humain. Donc, le chômage est exogène, ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas des dynamiques privées, que les politiques ne doivent pas être en réaction du secteur privé. Les mêmes sont à l’intérieur d’un cadre que l’État a mis en place. Elles sont toujours complètement compensables par l’État lui-même.

Mais il n’y a pas de dynamique autonome privée. En soi, la structure monétaire est le point de départ et la condition de la réalisation du marché du travail et de toutes ses variables. Le chômage est une offre de travail, donc une demande de devises, qui n’est pas satisfaite. Elle ne peut être satisfaite que par une diminution des taxes ou une augmentation de la dépense publique.

Il convient de préciser que la principale raison de l’impossibilité actuelle de plein emploi est la conséquence du fait que le chômage crée de l’exploitabilité, chez les travailleurs, et donc crée des rapports de force intérieurs au secteur privé7 qui n’existeraient pas avec le plein emploi. Cela avantage une partie de la société, et pas l’autre.

Dans les états totalitaires (nazi par exemple ou l’Union Soviétique stalinienne) il n’y a de chômage, parce qu’on n’en a pas besoin pour créer l’exploitabilité. D’autres moyens sont disponibles pour la créer. De même, pendant les guerres, on constate toujours le plein emploi, y compris celui des femmes. Le problème de la classe dominante est alors de gagner la guerre. Le rapport de classes devient secondaire.

 

5. Pour la MMT, la devise est un monopole public

On se rend donc compte que la MMT analyse la devise comme un monopole public. L’État est la pré-condition de la devise. Mais on peut dire également qu’il est la pré-condition du capitalisme, celui-ci ne constituant, en fait, qu’un cas particulier de société monétisée. Le capitalisme peut donc être considéré comme un épiphénomène de l’État.

Ainsi, contrairement à de nombreuses autres approches hétérodoxes, qui considèrent que la monnaie s’explique en partant du marché ou du capitalisme8, et donc qu’elle représente quelque chose de complètement différent sous d’autres régimes politiques, la MMT considère que la monnaie dispose de bases communes partagées par toutes les catégories de sociétés monétisées. Pour elle, l’État intervient a priori, et non pas a posteriori pour stabiliser la situation, pour fixer les problèmes d’un marché supposé spontané.

Il s’agit là du point le plus fondamental de la MMT, qui est différent du point de départ des autres approches monétaires, celles-ci ne reconnaissant pas la devise comme un monopole, c’est à dire que l’État est le seul à pouvoir créer des activités financières nettes9 dans sa devise. Il s’agit là de la plus importante démarcation entre la MMT et toutes les autres écoles de la pensée économique qui analysent le chômage comme un phénomène endogène, c’est-à-dire qui émerge des dynamiques intérieures au secteur privé et qui est donc a priori de l’État.

La MMT se démarque donc des autres approches, orthodoxes et hétérodoxes, qu’elles soient marxistes ou post-keynésiennes, y compris circuitistes. S’agissant précisément du marxisme, qui a le grand mérite de pas être qu’une approche économique, mais une approche holistique de la société dans sa globalité, celui-ci présente une grave limite, dans la mesure où il interprète l’évolution de la société comme guidée par une tension de l’évolution sociale, de contradiction sociale faisant émerger des formes différentes de système économique. Ici, l’État est un produit de la société, non l’élément essentiel pour comprendre la dimension économique. Donc, pour les marxistes, les classes sociales existent a priori de l’État, qui lui-même est en fait une superstructure par rapport à la structure économique. Et les classes sociales sont définies comme des groupes de population distinguées par le type de rapport qu’elles ont avec les moyens de production.

Par contre, si on regarde l’État à travers le prisme de la MMT, il ne peut pas y avoir de classes sociales a priori de l’État dans le sens exprimé par les marxistes. Pour la MMT, la propriété privée n’existe pas a priori de l’État. Également, il n’ y a pas de classes sociales capitalistes sans la devise, parce que, pour aboutir à un marché du travail, il faut disposer de la devise. On n’a donc pas de classe prolétaire sans devise. Il est intéressant de noter que l’on retrouve chez Adam Smith cette idée de fond selon laquelle les classes sociales et la structure économique sont quelque chose d’a priori. Marx et Smith sont en fait des économistes classiques. Ils ont donc beaucoup de points en commun. Pour eux, le capitalisme est en quelque sorte une possibilité qui existe dans l’ADN de l’être humain.

 

6. Conclusion

Il apparaît clairement que la MMT n’est pas qu’une simple contribution, non seulement à la pensée économique, mais également à l’ensemble des sciences sociales. Elle en est une profonde remise en cause, dans le sens où elle pose des bases communes à l’ensemble des classes sociales, et donc où elle contient une valeur théorique qui va bien au-delà de la dimension économique. En effet, apportant une explication aux fondements de la société, elle se présente comme une possibilité de point de départ pour la compréhension au niveau macro de l’ensemble des sciences sociales. Elle suggère donc la possibilité d’une transdisciplinarité permettant de poser les bases d’une science sociale intégrale, non seulement pour réaliser des ponts entre les conclusions des sciences sociales, mais plutôt pour aboutir à une organisation des connaissances les concernant. Et cette possibilité, qui jusqu’à ce jour n’a pas encore été complètement exprimée, laisse entrevoir à quel point la MMT dispose d’une influence potentiellement très importante.


Notes

1 Par « État », nous entendons une structure plus large que celle de l’État moderne qui pourrait inclure l’État américain, ou bien la Suisse, mais également l’empire mongol, l’empire romain, ainsi que la ville-État grecque.

2 Par « société » , nous entendons un système socio-économique d’une certaine dimension, beaucoup plus importante que dans le système tribal, dans lequel existe la division et donc la spécialisation du travail, donc dans lequel toute la population n’est pas affectée au secteur primaire, avec un développement systématique de l’agriculture qui devient un système fondamental, et donc, comme résultat, une stratification sociale qui rend possible l’émergence des villes. Ce qu’on appelle ici société pourrait s’appeler ailleurs civilisation. La  » société tribale de chasse, de cueillette et d’agriculture  » n’entre pas dans la définition utilisée ici en tant que société. C’est ce que, dans l’histoire, on appelle civilisation, en tant que structure sociale, avec ces fonctions et des rôles qui sont répartis, et un tout qui est différent de la somme des parties. On voit donc là l’émergence de propriétés inhérentes à la complexité.

3 L’expression « a priori » est utilisée dans l’article pour exprimer un rapport de causalité logique, mais non temporelle.

4 Tcherneva, P.R. « Monnaie Pouvoir et Régimes Politiques », https://mmt-france.org/2019/02/21/monnaie-pouvoir-et-regimes-monetaires/

5 Tcherneva, P.R. ibid

6 Breve storia del lavoro / Melvin Kranzberg e Joseph Gies ; traduzione e cura di Giuliano Canavese e Umberto Livini. – Milano : A. Mondadori, 1976.

7 Kalecki M., « Political aspects of full employment », 1946,  http://pluto.mscc.huji.ac.il/~mshalev/ppe/Kalecki_FullEmployment.pdf

8 Société dans laquelle existent la propriété des moyens de production et le marché du travail.

9 La MMT préfère se concentrer sur les actifs financiers nets dans la devise nationale d’émission plutôt que sur la « monnaie » parce que cette orientation permet de comprendre la nature intrinsèque du monopole monétaire.


Bibliographie


Illustration : wikipedia.org

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